Tract TUMULTO n°6 : Comment se battre ? ... Étendre la lutte !

vendredi 1 mai 2009 — Toulouse 1000 ex.

 

1er mai 2009 : les licenciements tombent, relevons-nous !

COMMENT SE BATTRE ? … ÉTENDRE LA LUTTE !!!

La crise mondiale de l'économie capitaliste signe le grand retour de la lutte des classes. Non que l'affrontement ait jamais cessé puisque la domination capitaliste engendre la guerre perpétuelle de tous contre tous. Mais cet affrontement va être porté au rouge, la réalité de cette société d'exploitation et d'oppression crûment mise à nu.

Les fermetures de boîtes et les licenciements massifs (50 millions en plus ces trois derniers mois dans le monde) ne sont pas de simples faits divers ou des données bureaucratiques (ouvriers reclassées ou mis en préretraite, indemnités financières, formations proposées, déménagements). Ils représentent autant d’épreuves, de traumatismes, d'une extrême violence. Les prolétaires virés du jour au lendemain ne perdent pas seulement leur emploi ou leurs projets individuels ; ils se voient aussi privés d'avenir, en ayant l'impression d''être en rupture avec le corps organique du prolétariat où s'exprime conscience et solidarité.

Dans ces conditions, que les possédants prêchent aux classes dominées le renoncement à toute lutte, le respect de l'ordre juridique et moral, la soumission à de sacro-saintes « lois » « économiques » ou « démocratiques » dans l'attente de jours « meilleurs », rien de plus logique ! Vouloir moraliser le capitalisme ou espérer que l'État « humanise » les exploiteurs, c'est demander aux loups de se changer en agneaux, c'est oublier que l'État est le gardien principal de l'ordre existant.

Cette violence et cette arrogance des possédants, de la classe bourgeoise, est inscrite dans l'impunité des rapports sociaux capitalistes et ne pourra être brisée que par la violence révolutionnaire des classes opprimées.

Mais comment peut s'exprimer cette violence de classe ?

Souvenons-nous par exemple des ouvriers de Celatex ou de la brasserie d’Adelshoffen menaçant de déverser de l'acide sulfurique dans la Meuse ou de faire exploser des fûts de gaz. Et de ceux de Bertrand Faure, qui brisèrent des machines d’atelier à l’annonce de la fermeture de leur usine. De la même façon les salariés de Continental ont piqué un coup de sang et brisé quelques menues babioles de la sous-préfecture. Les 1200 ouvriers de cette usine de fabrication de pneus se sont retrouvés face au mur de la fatalité bourgeoise. Ils l'ont refusé. L'explosion de colère vient de là. Les « séquestrations » de cadres, petits-bourgeois suffisamment veules pour ensuite aller se réfugier sous la protection du glaive de la « justice », relève de la même logique de riposte spontanée. Nous n'avons certes pas à avoir d'états d'âmes sur de telles actions. Mais ensuite ?

Les médias bourgeois se régalent de ces « actions illégales », mises en scènes codifiées du mouvement social, au final parfaitement gérées par les représentants syndicaux de l’État en milieu ouvrier. L'ordre juridique bourgeois (peines d’emprisonnement et amendes salées) vient ensuite parachever le sale boulot en redoublant les coups sur les victimes qui avaient un moment refusé leur sort.

Mais retenir quelques cadres, bloquer l'usine, jeter des pierres sur les CRS, voire menacer de faire sauter son entreprise, même si cela paraît légitime sur le moment, tout ceci ne montre que notre impuissance. Notre impuissance à exercer réellement notre force dans dans le sens de l'extension et de l'élargissement de la lutte ! L'enfermement sur l'entreprise qu'il faut « bloquer », les patrons qu'il faut « retenir », les défilés sous les murs des tribunaux de commerce pour faire « pression », les manifs syndicales tous les deux mois, de plus en plus « unitaires » mais tout aussi inutiles, autant de moyens de dévoyer notre colère et les potentialités de radicalisation des luttes dans des impasses. Pour construire un réel rapport de force, la voie reste toujours la même : la généralisation des luttes, basées sur la libre discussion dans des AG ouvertes à tous les secteurs, sous le contrôle des travailleurs eux-mêmes.

Employons notre force non dans l'enceinte étroite d'une usine, mais à ouvrir les grilles de celles d'à côté, à forcer les portes des « pôles emploi » et des universités, pour trouver aussi la solidarité avec les chômeurs, les profs, les étudiants ! Voilà la véritable violence de classe du prolétariat : une expression collective dans le sens du renforcement de sa conscience révolutionnaire.

Le possible, ce n’est pas la résignation, les actions désespérées, l’isolement, c’est la recherche toujours plus large de la solidarité !

LA VÉRITABLE VIOLENCE DE CLASSE CONSISTE AUJOURD'HUI POUR LE PROLÉTARIAT À BRISER TOUS LES CARCANS IDÉOLOGIQUES, CORPORATISTES OU SYNDICAUX QUI ENTRAVENT L'EXTENSION DE SA LUTTE RÉVOLUTIONNAIRE !

« L'ÉMANCIPATION DE LA CLASSE OUVRIÈRE DOIT ÊTRE L'ŒUVRE DES TRAVAILLEURS EUX-MÊMES ! »

( Statuts de l'Association Internationale des Travailleurs, 1864 )

TUMULTO ! (tumulto.org — contact@tumulto.org — 01/05/2009)

Classiques du mouvement ouvrier : collectif-smolny.org — sinistra.net — marxists.org

ibrp.org — internationalism.org — internationalist-perspective.org — pcint.org

——  Faites circuler  ——  Ne pas jeter sur la voie publique  ——

 
 
 

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