Tract TUMULTO n°7 : Tant que nous ne prenons pas nos luttes en main, nous ne pouvons espérer vaincre !

samedi 13 juin 2009 — Toulouse 1000 ex.

 

Bilan d'une défaite provisoire et jalons pour les combats futurs

TANT QUE NOUS NE PRENONS PAS NOS LUTTES EN MAIN,

NOUS NE POUVONS ESPÉRER VAINCRE !

Il n'y aura pas de répit des attaques de la bourgeoisie !

Depuis la fin des années 60 une crise larvée de surproduction sape les fondements de l'économie marchande. Il y a tout juste 20 ans, sous les coups de buttoir de la concurrence économique et militaire du bloc US, le bloc capitaliste d'État des pays de l'Est s'effondrait. Depuis 2008, c'est au tour du modèle capitaliste « démocratique » de vaciller sur ses bases (Général Motors, le Japon ou la Californie en faillite, tous les États à la rescousse du système bancaire mondial en perdition). Ne nous cachons pas ce que cela signifie déjà dans tous les pays comme somme de souffrance, comme extension du chômage et de l'extrême pauvreté. Aucune illusion à avoir : cela va continuer. La bourgeoisie n'a pas d'autre choix que de faire payer sa crise aux prolétaires. Le capital est un rapport social d'exploitation, pas un mode de régulation économique plus ou moins efficace ou philanthropique que l'on pourrait arranger au mieux des intérêts de tous comme le prétendent les réformistes de tous poils. Plus que jamais bourgeoisie et prolétariat sont dans un rapport antagonique.

La prétendue « convergence des luttes » et l'unité syndicale, fers de lance pour briser toute réaction prolétarienne et extension réelle.

Face aux attaques contre ses conditions de vie, la classe ouvrière a réagi en automne dernier. Timidement sans doute, mais en montrant dans les grèves qui surgissaient alors une réelle volonté d'élargir son combat, de trouver la solidarité. La réflexion sur la nécessité d'agir de façon unie progressait de toute évidence dans la classe ouvrière. Les forces d'encadrement de la bourgeoisie ne pouvaient pas ne pas réagir. Plutôt que de laisser le mouvement trouver sa voie et la conscience de classe gagner en maturité, les syndicats — dans un élan « unitaire » à vous tirer des larmes — ont alors proposé un substitut qui devait s'avérer d'une efficacité redoutable pour tétaniser le prolétariat : la « convergence » des luttes. À l'extension sur la base des luttes réelles, de proche en proche, à la fusion des AG, ouvertes à tous, à la recherche active de solidarité par délégations, par des contacts directs et vivants, la montagne bureaucratique syndicale préfère accoucher de crottes de souris dites « journées de mobilisation » et de « convergence »… toutes les 6 semaines : 29 janvier, 19 mars, 1er mai unitaire (quelle farce !), 26 mai, 13 juin et… bonnes vacances ! Sans oublier l'intermède récréatif : le cirque des élections européennes (heureusement déserté par la majorité des ouvriers et des jeunes) offrant le spectacle de quelques tours de piste des clowns médiatiques Cohn-Bendit ou Besancenot, flanqués des fossiles du stalinisme et des marteaux du socialisme réunis dans le « Front de Gôche », tous ardents défenseurs de la « convergence »… vers un capitalisme (d'État) moralisé ! Ite missa est !

Que dire également d'un mouvement universitaire totalement circonscrit après 4 mois de grève et d'un « blocage » qui fut surtout un blocage de sa propre capacité à sortir du campus et du cadre Educ. Nat. ?

Encore une fois, les syndicats ont pu assurer la domination capitaliste contre tout risque de sortie de route… Une route bien balisée qui ne peut mener qu'à la défaite, sans même avoir eu l'impression d'engager vraiment le combat. La mafia sarkoziste à la tête de l'État peut laisser éclater  sa joie et son mépris des classes opprimées. Elle ne risque rien : ses centrales veillent au grain. Mais si les syndicats ont aussi facilement réussi à maintenir l'isolement, c'est qu'effectivement le prolétariat reste faible : dans sa conscience et dans sa capacité à organiser lui-même son combat. Il nous faut réapprendre et retrouver ensemble les véritables moyens de la lutte.

La lutte de classes est une course de fond.

Pourtant, dans ce contexte difficile, des formes d'organisation ou de réflexion essaient de se frayer un chemin. La volonté minoritaire de prendre sa lutte en mains, de sortir du carcan syndical, voire de préparer une grève généralisée, se traduit par exemple par la constitution de « collectifs ». Ainsi, sur Toulouse, « Interluttes » (regroupement au départ de précaires et d'intermittents du spectacle) ou « École en colère » (parents et profs du primaire). Nombreux sont les enseignants qui proclament ouvertement leur « désobéissance » active. Ces actions « poil à gratter », diffuses, souvent courageuses, ne trouvent pas encore à se fondre dans une lutte ouverte qui permettrait d'en dépasser les contradictions parfois corporatistes.

Saluons tous ceux qui ne se résignent pas ; qui, en menant des luttes de résistance, empêchent la bourgeoisie d’avoir les coudées franches pour taper encore plus fort. Mais face aux enjeux, il va falloir passer à l’offensive. Sans solution miracle, il nous faut tisser les fils autrement. Comprendre que les syndicats, en tant que tels, sont devenus une entrave à toute lutte de classe qui soit réellement une remise en cause de la domination capitaliste. Il nous faudra donc prendre en main tous les aspects de nos luttes, ne compter que sur nos seules forces, ne pas hésiter à expérimenter, se tromper, confronter, débattre des décisions à prendre et s'engager ensuite résolument. Il faudra placer d'emblée la solidarité et l'extension au coeur de toute reprise des combats à venir et compte-tenu du caractère massif des licenciements, y associer immédiatement tous nos camarades au chômage.

HORS DES SYNDICATS DE COLLABORATION DE CLASSES, DÉVELOPPONS NOS PROPRES EXPÉRIENCES DE LUTTE ! RECHERCHONS LA SOLIDARITÉ DANS TOUS LES SECTEURS !

« L'ÉMANCIPATION DE LA CLASSE OUVRIÈRE DOIT ÊTRE L'ŒUVRE DES TRAVAILLEURS EUX-MÊMES ! »

( Statuts de l'Association Internationale des Travailleurs, 1864 )

TUMULTO ! (tumulto.org — contact@tumulto.org — 13/06/2009)

Textes et presse du mouvement ouvrier : collectif-smolny.org — ibrp.org — internationalism.org internationalist-perspective.org — leftcommunism.org — marxists.org — pcint.org — sinistra.net

——  Faites circuler  ——  Ne pas jeter sur la voie publique  ——

 
 
 

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